08 décembre 2006
Roger-Henri GUERRAND

Roger-Henri GUERRAND
La vie quotidienne en milieu
urbain
Né en 1923 à Sarrebruck, sa disparition le 10 octobre 2006 à Rennes est passé presque inaperçu. Historien, il a exploré la grande ville du dix-neuvième siècle, , celle de la modernité baudelairienne, elle le
fascine avec son mouvement perpétuel (le commerce, les
rumeurs, les marchandises, les transports, etc...) ce sont les
citadins qui retiennent son attention, leurs comportements, leurs
désirs, leurs déceptions. Quelques thèmes forts
chez lui : l'architecture, la ville, l'hygiène et le corps, le
sexe et la beauté.
Entretien avec Roger-Henri Guerrand avec Thierry Paquot pour la Revue Urbanisme
Histoire de la vie quotidienne
Les lieux
Histoire des commodités
Roger-Henri Guerrand
La
Découverte Poche, Avril 1997
Les vécés n'ont pas toujours été
fermés de l'intérieur, preuve en est cette histoire des
lieux d'aisances, du Moyen Âge à nos jours, que raconte
Roger-Henri Guerrand avec autant d'humour que de sérieux.
Avant de devenir objet d'interdits imposés par l'hypocrite
morale bourgeoise du XIXe siècle, les « besoins
naturels » pouvaient se satisfaire sans honte ni fausse pudeur.
L'étron fut une matière poétique pour ne rien
dire de la jubilation provoquée par le libre échappement
des « zéphyrs ». Rabelais, continuateur des
trouvères du Moyen Âge, ne fut pas le seul écrivain
à se rouler dans la « chose » : le siècle
des Lumières a connu un âge d'or de la littérature
scatologique. Avec l'avènement des bourgeois conquérants,
il faut se retenir en permanence : le corps doit être contrôlé
et enserré dans des règles « rationnelles ».
Hygiénistes, urbanistes et architectes s'occupent sérieusement
des « commodités », la répression
corporelle et par conséquent sexuelle s'en trouve renforcée.
Mœurs citadines
Histoire de la culture urbaine, XIXe-XXe siècles
Ed Quai Voltaire, 1992
Roger-Henri Guerrand aime les siècles industrieux et hypocrites, faits de bruits d'usines et de fureurs des barricades. Il apprécie l'ampleur des chantiers urbains et se plaît à suivre aussi bien les grisettes que les ingénieurs. La ville fourmille de nouveautés, de surprises, d'imprévus. Le tout-à-l'égout, les transports en commun, les travaux haussmanniens, le lancement des stations thermales, la vogue de la côte normande, l'ouverture des grands magasins, etc., ne se réalisent qu'avec difficulté mais, le succès venu, assurent leur supériorité... Dans cette Europe des machines, la ville s'éclaire de tous ses becs de gaz puis d'électricité et irradie son bonheur d'être, jour et nuit, le carrefour des langues, des peuples, des idées, des marchandises, des capitaux, des modes. Comment résister à une telle culture en marche
la ville et le cinéma
Le métro
Une figure cinématographique emblématique de Paris
par Roger-Henri Guerrand
Le rôle du métro dans l'imaginaire des Parisiens est
exceptionnel. Dès les années 1885, quinze ans avant
l'ouverture de la première ligne, des "métro-jouets"
sont proposés dans les catalogues d'étrennes : on les
retrouvera sous diverses formes jusqu'à la fin du XXe siècle.
Le cinéma va s'emparer à son tour de cet attrait pour
le métro et, dès le lendemain de la Seconde Guerre
mondiale, les souterrains de la capitale vont devenir un des décors
de prédilection des réalisateurs tournant dans Paris. suite...
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