11 décembre 2006
L'architecture comme corps
L'HOMME PAYSAGE
les cinq maquettes d’architecture, R&Sie(n), Nox Lars Spuybroek,
Jakob+MacFarlane, Ricardo Porro*, Marcos Novak, révèlent les connivences
de l’espace domestique avec le règne végétal et le minéral. L'émergence
des formes biomorphes abolit les frontières entre la matière inerte et
organique : sol et bâtiment constituent un continuum. Le dedans et le
dehors, le vertical et l'horizontal, l'infiniment petit et l'infiniment
grand coexistent, figures et fonds s’entremêlent en transition
perpétuelle.
«
Par la fenêtre ouverte, la ville qui vient à vous est un corps, un
corps enchevêtré, entrelacé, noueux ... les méandres sont similaires à
ceux d'une forêt aux branchages torsadés, à la lumière diffuse. Les
bois vous guident, vous vous y sentez à la fois peureux et protégé,
enfantin et grandi, cette ville, elle est le prolongement de votre
propre corps, de vos artères, de votre sang, de votre sexe, de votre
organisme palpitant. Vous êtes une chose ou un élément parmi tout cet
ensemble, un élément fusionnel; poreux qui respire et aspire à être son
propre environnement. Vous êtes l'une des terminaisons nerveuses de ce
corps qui est une ville, vous êtes au creux de ses entrelacs; d'une
multitude d'impulsions, et vous en percevez l'énergie, la substance,
vous vivez la croissance de ce corps qui est une ville comme un
prolongement de votre corporalité... » François Roustang, 2005 in News- territories/Movies
*A voir, Ricardo Porro, maquette d'un village de vacances en forme de corps humain, Île de Korçoula, Vela Luca. ( Yougosalvie).1972.
Gilles Clément
Ralentir Travaux, Gilles Clément
Les Plantes vagabondes
L'Humaniste
aux mains vertes
Représentation du territoire
La
France vue du sol
Une
histoire de La Mission photographique de la Datar (1983-1989)
« L’intérêt
de la Datar pour la photographie est expliqué dans un
supplément de la revue Photographies. Cette
administration «organise le territoire et tente d’en
maîtriser les transformations: il faut donc le connaître,
être capable de le représenter... Un premier paragraphe
montrera que cet appel à la photographie
“piétonne” – la photographie aérienne est
absente du projet – n’a rien de naturel: il constitue une rupture
dans le regard des aménageurs. La lecture des archives de la
Datar permet de mieux comprendre le fonctionnement interne de la
Mission, qui constitue le deuxième point examiné dans
cet article. Enfin, la Mission voulait être une contribution à
la renaissance d’une culture du paysage, en choisissant «les
artistes qui entretiennent avec l’espace la relation la plus
nécessaire: les photographes ». Le photographe aurait un
pouvoir singulier: révéler un territoire à celui
qui contemple son œuvre.
...La
photographie “piétonne” trouve sa place dans les pratiques
visuelles de la Reconstruction et des trente glorieuses, selon des
modalités bien différentes du travail commandé
par la Datar dans les années 1980. Dominique Gauthey a étudié
l’histoire du fonds photographique du ministère du Logement,
constitué entre 1945 et 1979 Ce considérable effort
iconographique montre comment une relation s’établit entre
un médium (cartes, plans, photographies) et l’emboîtement
des échelles géographiques, du local au national. «Dans
cette reconquête du territoire des villes d’après-guerre,
explique Gauthey, l’image photographique devient une arme tactique
au service d’une visée stratégique. La vue aérienne
établit la carte des opérations alors que les plans de
détail, biopsies dans le tissu urbain, constituent autant de
preuves pour convaincre chacun de mener cette juste guerre. »
article intégral "Etudes photographiques", n° 18, mai 2006

