27 décembre 2006
Se mouiller
SDF-Le Plongeon canal St Martin Paris 2
Vidéo envoyée par lesenfantsdedonquichotte
De la rue au logement
Construire des bungalows
sur les terrains en friche
JACQUES DEROO, ex-SDF,
Salauds de pauvres !
Editions Gutenberg, 15,50 €.
Quelles solutions préconisez- vous pour loger les SDF ?
Jacques
Deroo. Il n'y a pas une seule mais une multitude de
solutions. Moi, je milite pour la construction de ce que j'appelle
les « chalets de l'espoir » sur les terrains en friche de
la capitale. Des petites structures qui, au final, coûteraient
nettement moins chers aux pouvoirs publics qu'une chambre dans un
hôtel miteux.
L'adjointe maire de Paris chargée de la lutte
contre l'exclusion a peur que cela crée des ghettos. Certes,
mais si on ne fait rien, ça va exploser. Ces bungalows
seraient une transition avant l'obtention d'un toit définitif.
Car pour des SDF, il est difficile de passer directement de la rue au
logement. Avant d'avoir leur chez-soi, les SDF ont besoin d'être
préparés à payer un loyer, d'être soignés
de leur alcoolisme.
La priorité, c'est le
suivi...
Oui, on ne demande pas un logement pour tout le
monde, mais un accompagnement. On a besoin de davantage de
travailleurs sociaux formés à aller travailler dans la
rue. Il faut rétablir la confiance entre les SDF et ces gens
de terrain. Cela peut prendre quatre ou cinq ans pour nouer un vrai
contact.
Que pensez-vous des centres d'hébergement
d'urgence ?
Même s'il y a eu de grands progrès
ces dernières années, les trois quarts des structures
sont totalement inhumaines. On loge et nourrit parfois les SDF comme
des cochons. C'est vrai que ces centres ne sont pas remplis en ce
moment. Mais je comprends ceux qui refusent d'aller dans des
structures indignes comme celle de Nanterre et qui préfèrent
rester dans la rue. Il est urgent de construire des centres d'accueil
à taille humaine, en permettant aux exclus d'avoir un peu
d'intimité, de venir en couples, avec leurs chiens...
Zéro
SDF en France, ça vous paraît possible ?
Non.
On réussira à en sauver une partie, mais on n'est pas
des magiciens. On n'est pas condamné à rester dans la
rue. Par contre, à partir d'un certain nombre d'années
d'errance, il est très difficile d'en sortir. Certains SDF
préféreront continuer à dormir sur un carton
même si vous leur offrez le château de Versailles !
Propos recueillis par V.Md. Le Parisien, mercredi 27 décembre 2006
Friche ferroviaire
La Petite Ceinture, friche ferroviaire qui fait le tour de Paris, aurait dû être préférée aux Maréchaux.
Le tram sur de mauvais rails
Julien Barrias ancien militant écologiste.
Les passants et usagers interrogés par la presse et dans les
sondages officiels en 2006 se sont déclarés tous ravis, comme par
hasard, du tramway des Maréchaux :
«Il est beau», «Ce sera très pratique», «Ça fera des voitures en
moins.» Un vrai plébiscite. Rien de plus normal qu'une majorité
de citoyens se dégage pour des transports publics modernes et non
polluants. Peu, cependant, semblent se souvenir qu'il y a déjà eu
tromperie sur la marchandise...
Entre 2001 et 2003, de nombreux débats publics eurent lieu à
propos d'une
«ligne de tramway en rocade sud de Paris» avec alternative
entre tramway sur les boulevards des Maréchaux ou sur la Petite
Ceinture ferroviaire. Alors interrogée, la population s'était
prononcée à 91 % pour la priorité à la Petite Ceinture ferroviaire.
Mais on ne tint aucun compte des avis publics ; tout était déjà
ficelé : les plans et les travaux préparatoires étaient déjà en
route. Récemment, en 2006, Denis Baupin n'affirmait-il pas :
«La question du choix entre tramway des Maréchaux et Petite
Ceinture a été tranchée en 2000» ...suite
Libération 27/12/2006
