16 mars 2007
Ville sans mémoire


Vancouver
La Memoire Des Corps
Collectif
Ed Autrement, 2004
Pas de vie sans mémoire. Sur une ville jeune, les
traces du passé le plus récent se gravent comme au scalpel. Les corps
inventent d'autant plus vite des trajectoires fugaces, osent les
métamorphoses les plus fugitives et se perdent en expériences inédites,
assimilées aussitôt esquissées. Une urgence émerge de la brume, comme
s'il était déjà trop tôt. De Davie Street à False Creek, de Jericho
Beach à la brocante de Cloverdale, ce sont à peine des ombres qu'on
distingue, fuyant vers un avenir déjà figé, usé, comme pétri par avance
dans la pierre, le verre ou le marbre.
Marges de la ville
© Musée national des Arts et Traditions Populaires
© Direction des Musées de France, 2001
La banlieue en images sonores et visuelles 1880-1960
Le terme de "banlieue" véhicule depuis le milieu des années 1980 de nombreux préjugés, l'actualité la plus récente confirmant cette impression. Banlieues et cités sont devenus des enjeux médiatiques forts : « casseurs », « délinquants » et « jeunes » des banlieues sont stigmatisés dans les médias. Le traitement journalistique des émeutes de novembre 2005 a été dénoncé par de nombreux élus, parce qu'il pointait un phénomène de violence et tendait à généraliser ces situations de crise au quotidien de la vie des "quartiers". Or, élus et habitants le disent, la banlieue, ce ne sont pas simplement des voitures brûlées, des émeutiers et des nuits de violence. Les jeunes le rapent, le taguent ; les cinéastes font de la banlieue imaginée le lieu de leurs intrigues ; la presse, mais aussi les affiches publicitaires, donnent à voir des représentations plurielles des banlieues. C’est précisément cette pluralité, source d’oppositions, de contradictions, d’ambivalences qu’il s’agit ici de cerner et d’analyser sur la durée.
Le cinéma s’est saisi depuis longtemps de la banlieue comme sujet et décor. Carné, Duvivier, Tati ou Blier filment une banlieue symbolique qui donne autant à voir l'habitat que le no man's land. Selon les périodes, l'image privilégie les espaces de sociabilité (cafés et guinguettes), les espaces du travail (l'usine, tout particulièrement, véritable
personnage d'une banlieue recomposée), ou ceux du quotidien et de la modernité –Mon oncle de Tati représentant
l'archétype de l'opposition entre deux banlieues-. De nos jours, les images montrent une banlieue-cité déchirée,
focalisent l'attention sur les habitants et leur quotidien, et la télévision concurrence largement le cinéma dans la production d'images visuelles de la banlieue.
Toutefois, les productions populaires d'une imagerie de la banlieue ne peuvent s'arrêter aux images filmées. Dès la fin du XIXe siècle, polysémie visuelle se diffuse, à travers
cartes postales ou journaux populaires, notamment. Une banlieue champêtre et bucolique y coexiste au côté d’une image noire et misérabiliste des marges de la ville. D'autres médias populaires se sont aussi emparés du même espace, comme la bande dessinée ou la radio.
Cette journée d'étude se propose de rassembler, autour du thème de la "banlieue en images sonores et visuelles",
des contributions montrant la diversité des images populaires utilisant les marges urbaines à la fois comme un décor ou comme un acteur d'un récit. Prolongeant les premières études centrées sur les productions d'images visuelles , il s'agit d'élargir le champ des producteurs d'images à l'ensemble
des médias populaires, des années 1880 aux années 1960. Comment se construisent, évoluent ces images de la banlieue ? Quels discours, concurrents ou successifs, sont perceptibles derrière ces imageries populaires des espaces banlieusards ? En focalisant l'attention sur les images sonores (la radio et la chanson), sur le cinéma, mais aussi la presse écrite, voire la bande dessinée,
il s'agit de mieux saisir les formes populaires des représentations diverses de la banlieue. Enfin, si la banlieue parisienne sera privilégiée durant cette journée, des incursions vers d'autres marges de la ville sont possibles.
Vendredi 16 mars 2007
Journée d'études
CHCSC-UVSQ
Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, UFR SSH, 47 boulevard Vauban, 78047 Guyancourt cedex, bâtiment Vauban, amphi 7
