11 avril 2007
Ville en péril ?
Cycle VIVRE ET IMAGINER LA VILLE
La peur détruira-t-elle la ville?
Avec
Sophie BODY-GENDROT, politologue,
professeur à la Sorbonne- Paris IV, directrice du Centre
d’Etudes Urbaines dans le Monde Anglophone
L’insécurité urbaine constitue-t-elle le nouveau lien social ? Les médias sont-ils en cause ? Le manque de confiance envers les institutions chargées de la protection des citoyens ? L’anonymat du territoire urbain ? Déconstruire les discours, préciser les définitions, établir des comparaisons sera l’objet du propos qui évoquera des tentatives de solutions du Nord au Sud de la planète urbaine.
Jeudi 19 Avril 2007
De
18 h à 20 h
ENS LSH - Amphithéâtre
15
parvis René Descartes, Lyon 7
métro
ligne B, station Debourg
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Polissage des rues
In Bancs Publics
Guerrilla benching
Où sont passés tous les bancs publics ? Vous souvenez-vous de l'époque où les voitures n'étaient pas prépondérantes dans nos rues ? Vous souvenez-vous de l'époque où les rues étaient encore le lieu des interactions sociales publiques, où les vieilles dames avaient un endroit où s’asseoir et bavarder, où les enfants pouvaient jouer et vivre dans ce qu’on appelait une communauté ? Il semble qu’il y ait un plan pour éventrer tous nos espaces publics et nous faire déserter les rues, retranchés dans nos maisons.
Idéal de ville
Mais les utopies contemporaines sont peut-être à chercher dans un nouvel « ailleurs », dans d’autres matériaux que la pierre, voire en-dehors de l’espace humain, dans l’espace virtuel. Internet partage avec les premières utopies le rêve d’un nouveau lien social. Le réseau numérique est-il en train de réaliser l’utopie nouvelle?
UTOPIA, de l'Atlantide aux Cités du futur
Quelle ville
imaginer pour un autre demain? De tous temps, des philosophes,
artistes, écrivains ont rêvé une ville meilleure, un « idéal de ville
». Ces utopies sont d’abord nées en littérature avant de prendre des
formes plus concrètes sous le crayon des architectes. L’exposition vous
invite dès le 20 avril à un voyage au cœur des cités dessinées à
travers le temps, dans l’espoir de transformer les modalités de
vivre-ensemble.
Platon, Thomas More, Claude-Nicolas Ledoux, … l’utopie revêt à
travers les époques différentes formes. Inspirée par les espoirs
socio-politiques successifs de la société occidentale, elle est une
critique du présent, de ses mœurs, coutumes et institutions.
Paul Otlet, fondateur du Mundaneum, nourrissait lui aussi le rêve d’une
Cité qui regrouperait toutes les institutions de la connaissance. Cette
Cité Mondiale
prit successivement les traits de plusieurs grands architectes du 20e
siècle, dont le plus célèbre est sans nul doute Le Corbusier.
Ce fabuleux voyage en utopie posera enfin cette passionnante question :
De quel type de société nouvelle peut-on encore rêver ? L’espoir est
porté par les travaux étonnants d’architectes contemporains, abordant
notamment la question écologique. Parmi ceux-ci, Luc Schuiten, qui présentera dans le cadre de cette exposition son concept original d’ « archiborescence ».
UTOPIA, DE L'ATLANTIDE AUX CITES DU FUTUR
Du 20 avril au 28 octobre 2007
Du mardi au dimanche de 13 à 17h, le dimanche jusque 18h
Mundaneum
Centre d’archives de la
Communauté française
76 rue de Nimy - 7000 Mons (Belgique)
Pour remodeler la ville
Utopies politiques
Toute la semaine, la Fabrique de
l'histoire s'intéresse à l'utopie politique sous
ses diverses formes, des nombreuses utopies élaborées
au 19e siècle jusqu'aux utopies plus contemporaines, après
mai 68 notamment. Premier temps aujourd'hui sous forme de
grand entretien avec Roland Castro, candidat malheureux à
l'élection présientielle en cours avec son Mouvement
d'utopie concrète, une "tentative de refonder et rénover
la politique autour de valeurs révolutionnaires".
C'est
tout un cheminement en pensée politique qu'il nous raconte,
passé par le maoïsme. Et au bout du parcours, il
explicite ses propositions pour aujourd'hui, ses visions - en partie
héritées de l'architecture.
Roland Castro. Il est architecte, leader du Mouvement de
l'utopie concrète.
France culture
lundi 9 avril 2007
9h05 à 10h

Corps sans âme
Les organes, les sensations et les mots
Hasard de l'actualité éditoriale ou reflet éclairant d'un courant profond qui
irrigue aujourd'hui les sociétés occidentales ? Comment ne pas s'interroger sur
les raisons qui font que deux sommes viennent, en langue française et sous le
même titre, traiter du corps humain ? Voici donc deux dictionnaires du corps, d'ores et déjà indispensables à
l'humaniste comme à l'étudiant qui aspire à le devenir. Deux riches ouvrages
multidisciplinaires, ambitieux et souvent originaux, qui entendent chacun
parler, dans le foisonnement et l'érudition, de cet objet particulier, ambigu et
fascinant ; de ce corps qui n'est pas encore devenu une chose mais qui a déjà
fait le deuil de son âme ; de ce corps que nous avons tous en partage depuis, au
minimum, l'heure de notre naissance jusqu'à celle de notre mort.
Le Dictionnaire du corps fait heureusement suite, dans la même collection
(Quadrige-PUF), au tout aussi ambitieux Dictionnaire de la pensée
médicale, ouvrage collectif dirigé par Dominique Lecourt, publié en 2004,
qui venait bouleverser les regards habituels sur la médecine, son histoire et sa
pratique. Sous la direction de Michela Marzano, docteur en philosophie et chargée de
recherche au CNRS, près de 200 spécialistes de multiples disciplines traitent
des mille et une facettes de l'humain et de l'humanité. Aidée d'un solide comité
scientifique (Jocelyn Benoist, Anne Cauquelin et Alain Milon, philosophes ;
Christophe Dejours, médecin et psychanalyste ; Frédérique Dreifuss-Netter, à la
fois juriste et éthicienne ; David Le Breton, sociologue), Michela Marzano
propose plusieurs entrées dans cet univers du corps humain, fait d'organes, mais
aussi de sensations, de sentiments, de mots et d'images. Il y a tout d'abord l'apologie du corps parfait. Un tel culte n'a certes rien
de véritablement nouveau. Mais les choses ont aujourd'hui changé, cette
perfection devenant un argument commercial ou une production industrielle. Ainsi
lira-t-on avec intérêt les textes consacrés à la poupée Barbie et à
l'eugénisme. Un autre thème de l'ouvrage est celui du corps réceptacle et symptôme des
malaises contemporains, qu'il s'agisse des nouvelles addictions et
scarifications ou de l'anorexie. Une troisième entrée nous propose de suivre les
émergences du corps dans l'art contemporain : le Body Art, les mystérieuses
Anthropométries réunit plusieurs des traits de l'activité artistique
contemporaine : le goût du quotidien et de l'attente vide, l'absence, l'ennui,
des temporalités évanescentes, l'effacement du visible au profit du
concept.. d'Yves Klein ou encore les productions issues du
maniement de la Webcam. Les auteurs auraient également pu aborder ici le cas des entreprises
commerciales itinérantes qui proposent depuis peu avec grand succès, aux
Etats-Unis et en Europe du Nord, sous la double étiquette de l'art et de la
pédagogie, des cadavres d'origine incertaine - humains taxidermisés, plastinés, écorchés de notre temps.
Rédigé sous la direction de Bernard Andrieu, Professeur d'épistémologie du
corps et des pratiques corporelles (université de Nancy, CNRS), le
Dictionnaire du corps, en sciences humaines et sociales est tout aussi
multidisciplinaire, également riche, parfois surprenant. Plus courts, les textes n'en sont pas moins denses et augmentés de références
bibliographiques. On y trouve également des articles tout à fait originaux comme
ceux consacrés au téléphone portable, au rugby ou encore à la célèbre méthode de
gymnastique Pilates. En toile de fond de toutes ces approches se dessine une esquisse de notre
futur et une conception du corps indépendantes des philosophies de l'âme, des
passions ou de l'entendement. Un concept du corps autonome, qui, en France,
peine encore à intégrer les révolutions en cours dans les champs de la biologie
et des neurosciences. Pourquoi tant de réticences à prendre en compte
philosophiquement la compréhension et la maîtrise du vivant humain, voire son
amélioration génétique et physiologique ?
Ces deux dictionnaires viennent aussi témoigner de la richesse des travaux
menés dans le domaine, parfois sévèrement critiqué en France, des sciences
humaines. On aurait toutefois aimé voir collaborer à ces entreprises plus de
biologistes, d'informaticiens et de médecins. Ainsi un travail urgent, essentiel, reste-t-il à mener : l'élaboration de
dictionnaires qui décriraient l'avenir probable du corps humain, un corps objet
de marché que ne protégerait plus le concept, très occidental, de son indisponibilité (ou de sa non-patrimonialité). Ce vieux concept qui voudrait
que notre corps ne nous appartienne pas, et donc que ses parties (organes,
tissus, cellules, gènes) ne peuvent en aucun cas faire l'objet de transactions
commerciales, pas plus avec les industriels qu'avec le diable. Combien de temps
encore avant le viol du sanctuaire ? Jean-Yves Nau in Monde des livres -29.03.2007-


