13 avril 2007
Fiction, espace et genre
Espaces urbains et autres
dans la fiction canadienne au féminin
Au cours des
décennies passées, les approches théoriques
d'Henri Lefèbvre, de Michel Foucault ou d'Edward Soja ont
souligné que l'espace serait loin d'être déterminé
par sa simple matérialité. L'espace serait, au
contraire, le résultat de pratiques sociales, d'idéologies
et d'hégémonies. L'espace ne précèderait
ni les relations sociales ni les ordres symboliques mais résulterait
de leurs discours et, par conséquent, devrait être
entendu comme une sphère de différences multiples. À
côté de catégories comme « race » ou
« classe », celle du « genre » représenterait
donc un aspect-clé dans toute analyse de la façon dont
les différentes cultures codent les espaces sur un plan
symbolique et dont elles organisent ou encore divisent les espaces
urbains, ruraux et autres.
La section Études des femmes et
du genre de l'Association d'études canadiennes dans les pays
germanophones et le Centre d'études canadiennes de
l'Université d'Innsbruck organisent un colloque de deux jours
portant sur la relation entre espace et genre dans la fiction
canadienne au féminin.
Ce colloque tiendra compte à la
fois d'approches et de textes francophones et anglophones. Les
chercheurs des deux disciplines sont invités à
participer à cette rencontre bilingue. L'accent sera mis sur
la fiction urbaine, premièrement parce que les textes
d'écrivaines affiliés à ce genre ont souvent été
interprétés de travers et marginalisés sur le
marché littéraire. Deuxièmement parce que la
fiction urbaine met en évidence à la fois les
différences internationales entre le Canada et les Etats-Unis
et celles, nationales, entre les « deux solitudes » du
Canada. Malgré le fait que le Canada soit aussi urbanisé
que son voisin du sud, la ville n'a joué qu'un rôle
mineur dans la littérature et la culture anglo-canadienne. En
cela, la littérature anglo-canadienne se distingue
foncièrement de celle du Québec où, dès
le début du 20e siècle, la ville figure au centre de la
discussion identitaire.
Un des objectifs du colloque sera de
démontrer comment les écrivaines ont élaboré
le thème de l'espace urbain et dans un contexte individuel et
dans un contexte collectif, culturel et national, si leurs approches
ou visions de l'espace urbain incorporent les paramètres
génériques de la fiction urbaine ou dans quelle mesure
leurs textes empruntent de nouvelles voies.
À ce sujet, plusieurs questions s'imposent : comment ces écrivaines ont-elles utilisé, changé ou subverti à la fois le mythe de l'espace urbain et les structures dichotomiques « privé-public », « urbain-rural », « même-autre », « sujet-objet », « homme-femme », « hétérosexuel-homosexuel » ? Comment ont-elles manié les tropes, les topoï, les thèmes, bref tout l'éventail des caractéristiques propres à la fiction urbaine ? Comment et par quelles stratégies narratives ont-elles élargi et renouvelé la fiction urbaine ? L'espace urbain se définissant en opposition à d'autres espaces, il s'agira également de relever des contre-espaces, à savoir les espaces ruraux ou même pastoraux, étrangers ou fantastiques, et de définir leur portée symbolique, culturelle et identitaire dans les deux littératures.
Nous vous invitons à soumettre des propositions de communication relatives aux sujets indiqués plus haut. Veuillez, s.v.p., envoyer un résumé d'environ 300 mots avant le 1er avril à Dr. Doris Eibl et à Dr. Caroline Rosenthal.
Doris.G.Eibl@uibk.ac.at
Caroline.Rosenthal@uni-konstanz.de
ESPACE ET GENRE
23 – 24
NOVEMBER/NOVEMBRE 2007
UNIVERSITÉ D'INNSBRUCK
(Austria/Autriche)
Pour une écologie existentielle

Avis aux candidats,éditorial
Thierry Paquot
Revue Urbanisme Janv-Fév 2007
... Qu'est-ce à dire ? Favoriser des transports économes en énergie,
édifier des logements habitables et non standardisés, instituer
diverses formes de concertation et de participation afin de réaliser la
mondialisation par le “bas” – ce “local” enfin associé et non plus
opposé au “global” –, stimuler des architectures diverses et originales, concilier la logique des lieux et celle des flux, miser sur
l'hospitalité et non pas sur l'enclave sécurisée, contribuer aux
manifestations d'urbanité ouverte et non pas à celles d'un
“communautarisme” nécessairement discriminant et sélectif, bref
contribuer à contrer partout la barbarie, quel que soit son aspect.
Ce qui associe ces différentes préoccupations, de nature et de
temporalités variées, se nomme “écologie existentielle”. Il s’agit d’un
rapport amical et pacifique entre humains et entre les humains et la
Terre. Il s’agit d’un art urbain de vivre, aux mille facettes, aux
mille inventions, aux mille désirs, aux mille effets insoupçonnés qui
sans cesse redistribue les cartes de ce jeu où chacun se doit de gagner
un peu plus d’estime de soi, un peu plus de confiance en soi, un peu
plus de soi dans sa capacité à appréhender l’Autre, à grandir sous son
regard, à progresser à son rythme, à se connaître dans le miroir de son
étrangeté. Oui, c’est cela l’urbain, la possibilité d’être soi avec et
parmi autrui..Th.P in édito en extenso.
Eprouver la ville
© Fréderik Froument
Des corps dans la ville
Frederik Froument commence la photographie en 1994 après avoir suivit
des études d’histoire de l’art. Il collabore depuis 10 ans avec la
presse française et japonaise. Son travail se situe à la frontière du
documentaire et de la fiction. Il emprunte à la tradition du reportage
son dispositif et son vocabulaire mais les fait basculer dans l’univers
de la narration intime, et multiplie les références au cinéma et à la
littérature. Depuis trois ans, il explore l’imaginaire urbain à travers la série « New Babylone Stories".
Frederik Froument a introduit l’exposition montée par la Galerie Lebleuduciel : Des corps dans la ville, dans le cadre de Lyon septembre de la photographie 2006, avec un extrait de New Babylone Stories, consacré aux situations de l’homme dans les mégalopoles; l’installation de cette image-affiche a rythmé l’exposition en donnant le ton de l’espace public.
