LA BOURSE OU LA VILLE ! PAR STEPHANE GATIGNON
LA BOURSE OU LA VILLE !
Journal d'un maire gréviste de la faim
Stéphane Gatignon
Ed du moment, 2013
Dans un café de la rue de l’Université, le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale bavarde avec deux collaborateurs du maire de Sevran. La discussion est acharnée. Le cafetier qui n’a pas manqué un mot de la conversation leur déclare, sourire aux lèvres, au moment où ils sortent de son établissement : «Si je comprends bien, c’est les accords Gatignon !» Il ne croit pas si bien dire. Stéphane Gatignon, maire de Sevran, est en grève de la faim depuis le 9 novembre : il a planté sa tente à côté du Palais-Bourbon, en plein cœur de Paris. Le début d’un événement important pour la banlieue après tant et tant de promessesjamais tenues.
Comment en arrive-t-on à faire la grève de la faim pour sauver les finances de sa commune ? Est-ce un geste de désespoir ou celui d’un édile en colère qui contraste avec le cynisme du monde politique ? Cette action, peu ordinaire pour un élu, a été mûrement réfléchie, nourrie par de longues années militantes contre la ghettoïsation, la violence et les difficultés économiques d’une ville victime de la désindustrialisation des années 1980-1990. Son objectif ? Obtenir des moyens supplémentaires pour les communes les plus pauvres de France, dont sa ville. Son combat,très relayé par les médias, finit par faire bouger le gouvernement qui négocie un compromis avec lui dans la nuit du 14 au 15 novembre 2012, au terme de six jours de grève.
Et puis il y a Sevran. Le laboratoire d’avenir, le centre symbolique de la mégalopole parisienne, la banlieue ! Gatignon livre ses réflexions d’homme politique installé de plain-pied dans le XXIe siècle, sans manier la langue de bois, à travers le récit de ces longues journées, rythmées par les rencontres, les interviewes et... quelques gobelets de thé à la menthe !
Stéphane Gatignon, membre d’europe-Écologie-les Verts, est maire de Sevran et conseiller régional d’Île-de-France.
A ECOUTER STEPHANE GATIGNON SUR PERIPHERIES FRANCE INTER EMISSION DU 21 AVRIL 2013 l 7MN41
LES TROTTOIRS DE LA LIBERTÉ. LES RUES, ESPACE DE LA REPUBLIQUE PAR GERARD SAINSAULIEU
LES TROTTOIRS DE LA LIBERTÉ
Les rues, espace de la République
Gérard Sainsaulieu
Ed de l'Harmattan, 2013
La rue, lieu privilégié des activités de la vie quotidienne, des rencontres et des surprises, la rue se perd, c'est pourtant un trésor. La rue est l'enjeu des pouvoirs sur la ville, espace public où s'exprime encore avec force la volonté du peuple. Mais la rue ne figure guère dans les préoccupations des urbanistes et des architectes. Pour pouvoir profiter du plaisir de la rue, il faut maintenir ou créer les conditions d'existence économique, sociales et culturelles que requiert le plaisir de marcher sereinement en ville. Il importe de nous préoccuper de la qualité de l'espace public. Nous, habitants de la grande ville, sommes les héritiers d'un trésor caché dont nous profitons chaque jour, dans une relative indifférence : ce trésor, c'est la rue.
Dans le monde, l'aspiration à la démocratie des peuples opprimés passe bien souvent par des manifestations de rue. Walter Benjamin, Georges Perec, Edgar Morin, ont pris la rue au sérieux.
Gérard Sainsaulieu, né à Paris le 5 avril 1937 a été maître-assistant à l'Institut d'urbanisme de 1969 à 1974, architecte DPLG à Paris en 1966, urbaniste DIUUP à Paris en 1968. Ensuite, il fut professeur d'architecture à l'Ecole spéciale d'architecture de 1970 à 2002, maître-assistant associé à l'Institut d'urbanisme de Paris de 1968 à 1972, professeur d'architecture à l'Ecole d'ingénieurs de la Ville de Paris de 2002 à 2006 et travaille comme architecte libéral DPLG depuis 1969. II a été également membre du groupe Aérolande (gonflables, structures en toile à double courbure inverse, design), de 1970 à 1976.
Vision of the Future. Robert M Call, éd. Harry N. Abrams, 1982 ©S. Nagy
NOUS SOMMES DANS LA SUBURBIA .... PAR BRUCE BEGOUT
Suburbia
Bruce Bégout
Ed l'Inculte, à paraître le 10 avril 2013
Nous sommes dans la suburbia lorsque nous prenons la voiture pour aller acheter du pain. Nous sommes dans la suburbia là où les livreurs de pizza errent le soir sans fin dans les rues mal éclairées. Nous sommes dans la suburbia quand tous les bâtiments commencent à ressembler à des stations-services. Nous sommes dans la suburbia lorsque les bretelles d’autoroute constituent les repères spatiaux habituels. Nous sommes dans la suburbia si le temps que nous passons à garer notre voiture est inférieur à cinq minutes. Nous sommes dans la suburbia si, où que nous nous trouvions, notre horizon visuel est rempli de panneaux de signalisation. Nous sommes dans la suburbia là où les parkings désertés constituent des lieux de sociabilité nocturne. Nous sommes dans la suburbia si un centre commercial représente un pôle d’attraction hebdomadaire voire quotidien. Nous sommes dans la suburbia lorsque nous comptons les distances en temps et non en espace à parcourir. Nous sommes dans la suburbia lorsque l’expression « en ville » ne signifie plus rien. Nous sommes dans la suburbia là où les paraboles tournées vers le ciel abondent sur les toits et les balcons d’immeubles. Nous sommes dans la suburbia si le temps passé devant la télévision excède celui passé au travail et dans les transports.
Bruce Bégout signe un essai inédit sur la suburbia, ces banlieues infinies où sont massés les habitants des sociétés contemporaines. Philosophe et écrivain français, il est maître de conférences à l’université de Bordeaux. Il a publié plusieurs ouvrages philosophiques, quatre essais aux éditions Allia (Zéropolis : L’expérience de Las Vegas, 2002 ; Lieu commun : Le motel américain, 2003 ; La Découverte du quotidien : Éléments pour une phénoménologie du monde de la vie, 2005 ; De la décence ordinaire, 2008), mais aussi un « documentaire fiction » à la manière de certains cinéastes tiré de son roman L’Éblouissement des bords de route (Éditions Verticales, 2004).
Crédit photo : Aurélien Pic
ESPACES PUBLICS EN VILLES. LES ANNALES DE LA RECHERCHE URBAINE ( N°57-58 - DEC.1992)
Lana Turner dans "Flame and the flesh" de Richard Brooks, 1954
Espaces Publics en villes
Les Annales de la Recherche Urbaine
n°57-58 - déc. 1992
Domaine public, usages privés l LA PLACE DU COMMERCE À NANTES l Yann Tanguy l L'espace de la Place du Commerce, surtout si on le considère dans sa partie la plus centrale, donne une image de relative unité. Les volumes des constructions sont équilibrés, même si l'architecture y semble hétérogène, des immeubles reconstruits jouxtant des immeubles d'architecture haussmannienne. L'analyse des flux de circulation renforce encore cette image.LIRE LA SUITE ...
L'espace public comme lieu de l'action l POSTFACE l Isaac Joseph l Le sniper s'en prend à la liberté d'aller et de venir et il sait ce qu'il fait : la terreur qu'il exerce n'est pas aveugle, il ne fait pas de victimes au hasard dans la population en général. Sa lunette lui permet de viser très précisément sa cible : le passant singulier qui s'aventure à découvert. Le sniper entend régner sur l'espace de circulation et demeurer seul maître du visible. LIRE LA SUITE...
Le paysage du métro l LES DIMENSIONS SENSIBLES DE L'ESPACE TRANSPORT l André Pény l La prise en compte de la notion d'espace public dans l'univers du transport est relativement récente pour la RATP, dans ses axes de recherche ou ses activités opérationnelles.Dans un premier temps, les travaux prospectifs menés sur la conception de réseau ont abouti à l'émergence du concept de connexion qui, à côté de celui plus traditionnel de circulation a permis ...LIRE LA SUITE
Le travail du contrôleur l LES ACTIVITES LANGAGIERES DES AGENTS l Michel Dartevelle l Depuis une quinzaine d'années, les grands réseaux de transports urbains et les usages qu'en ont les citadins ont connu de profonds changements. A partir du début des années soixante-dix, les entreprises de transport public ont développé un système de production de service fondé sur quatre grands principes : LIRE LA SUITE...
La gloire des jardins l DU CAFÉ AU JARDIN DE L'ESPLANADE l Pierre Sansot l Je voudrais évoquer l'existence d'un café de Montpellier (le Café ). Si je tente d'en décrire la singularité ce sera pour mieux appréhender ce qu'un jardin public peut ou non offrir. Il nous semble nécessaire de procéder parfois par de pareils détours. Dans un café, les tables sont rapprochées les unes des autres. De là un bénéfice certain. Les consommateurs ont ainsi le sentiment de constituer un groupement distinct des autres mouvances de la ville. Ils sont en état d'entendre les conversations auxquelles, en principe, ils ne participent pas. S'ils se veulent observateurs, ils jouissent d'un regard acéré à l'égard de leurs voisins. LIRE LA SUITE...
Quel espace public pour une jeune société civile ? l LE CAS DE L'ILE DE LA RÉUNION l Michel Watin l L'île de la Réunion a une histoire courte au regard des pays d'Europe : il n'y a guère plus de trois siècles, cette terre émergée de l'Océan Indien était vierge de toute occupation humaine. L'économie de comptoir, qui prévaut pendant le premier siècle de sa colonisation, se transforme en une économie de plantation avec l'introduction, vers 1815, de la canne à sucre. Avec cette culture spéculative apparaît une société de plantation dont le modèle va dominer la vie sociale jusque dans la première moitié du XXe siècle. LIRE LA SUITE ...
La médiatisation de l'immigration dans les années 80 l Alain Battegay l Durant ces dix dernières années, au cours des années 80, l'immigration maghrébine est devenue en France un thème d'actualité. Des rodéos des Minguettes aux émeutes de Vaulx-en-Velin, des faits divers de la délinquance urbaine aux succès publics de certaines vedettes issues de l'immigration, de la compassion à l'égard des réfugiés à la hantise des risques d'invasion et à l'inquiétude devant la présence accrue de clandestins, de la tolérance vis-à-vis de populations musulmanes pratiquant un islam tranquille à la crainte d'une structuration communautaire autour d'un islam militant .. / LIRE LA SUITE...
L'espace public, modes sensibles l LE REGARD SUR LA VILLE l Grégoire Chelkoff, Jean-Paul Thibaud l Les espaces publics sont si divers qu'il est impossible d'en faire une catégorie unique ou une entité homogène. Cette diversité se lit dans l'espace, les formes et l'environnement matériels, comme dans les niveaux de définition de l'espace public. Celui-ci ne désigne-t-il pas tour à tour un "espace" politique, social, architectural et urbanistique? Nous nous intéressons pour notre part aux espaces que l'épreuve pratique et ordinaire des villes nous révèle ../ LIRE LA SUITE ...
La fabrication des rues de Paris au XIX· siècle l UN TERRITOIRE D'INNOVATION TECHNIQUE ET POLITIQUE l Bernard Landau l Un siècle à peine après la mort du baron Haussmann, le débat sur l'espace public resurgit à Paris sous la pression d'une triple constatation. Celle d'abord de l'embolie circulatoire de la ville, de la "congestion" et de ses conséquences en terme de coûts humains, sociaux et financiers. Celle ensuite de la complexité toujours croissante de champs professionnels différents sur la voie publique, .../ l LIRE LA SUITE...
Espaces publics des villes marocaines l Françoise Navez-Bouchanine l Y a-t-il des espaces publics dans les villes marocaines? La question peut paraître saugrenue si on table sur une définition physique de l'espace ou si on se livre au jeu des contraires : tout ce qui n'est pas construit, tout ce qui n'est pas privé constitue l'espace public. Par contre, cette question est extrêmement féconde et actuelle si on se réfère plus explicitement à la genèse, à l'usage et à l'appropriation de ces espaces. Or, ce que l'on en sait aujourd'hui reste marqué par les recherches sur la ville arabo-musulmane traditionnelle et sur les spécificités des modèles socio-culturels qu'y révèlent l'appropriation de l'espace. l LIRE LA SUITE ....
FANTASMAGORIES DU CAPITAL : L'INVENTION DE LA VILLE - MARCHANDISE
Fantasmagories du capital
L'invention de la ville-marchandise
Marc BERDET
Ed La Découverte (coll. Zones), 2013
Quel rapport entre les spectres d'un couvent parisien, des héroïnes séquestrées dans des châteaux gothiques et les flâneurs des passages couverts de Paris ? Quel point commun entre les visiteurs des Expositions universelles, les joueurs captivés par les néons de Las Vegas et les badauds fascinés par les shopping malls ? Tous sont pris dans des lieux clos saturés d'imaginaire, des rêvoirs collectifs, des fantasmagories.
Depuis près de trois siècles, le capital façonne des environnements oniriques qui, en refoulant leur origine économique, ordonnent les plaisirs individuels et collectifs sur fond de règne de la marchandise. L’histoire de l’espace urbain est en ce sens aussi celle d’une mobilisation toujours plus structurée de nos désirs intimes par l’architecture, et cela jusqu’à l’architecture dite postmoderne.
Dans le sillage des écrits de Walter Benjamin sur le Paris du XIXe siècle, cet essai arpente l’histoire d’espaces urbains envahis par l’imaginaire capitaliste. Dans ce récit à la fois politique et esthétique de la production de l’espace, le lecteur explore tour à tour les passages parisiens, les premiers grands magasins, les Expositions universelles, le Paris d’Haussmann, les parcs à thème (Disneyland), les shopping mall (le Mall of America) et le strip de Las Vegas.
Ces espaces emblématiques forment autant de strates fantasmagoriques caractéristiques de leur époque. Ce sont des rébus qui amalgament des éléments de la réalité extérieure, l’intérêt d’une classe dominante et l’inconscient de toutes les classes, figurant ainsi une utopie sociale dont la réalisation demeure cependant perpétuellement ajournée par leur fonction marchande. En essayant de déchiffrer ces espaces comme on interprète un rêve, en superposant leur genèse réelle et leurs oppositions mythiques, ce livre tente de dégager l’éclat de l’utopie de la gangue qui l’enferme. Car la fantasmagorie contient, en son sein, les éléments de sa propre négation. Le grand récit de la marchandisation de la ville a aussi ses anti-héros, qui se nomment Maximilien de Robespierre, Charles Fourier, Karl Marx, Auguste Blanqui, André Breton, Sergueï Eisenstein, Walter Gropius ou Ken Kesey...
Marc Berdet est sociologue, spécialiste de Walter Benjamin. Il est chercheur à l’université de Potsdam et anime le réseau de recherche Anthropological Materialism.
TOUS PERIURBAINS ! REVUE ESPRIT l N° 393 l MARS/AVRIL 2013
Tous périurbains !
Revue Esprit l N° 393 l Mars/avril 2013
Le vote protestataire, la maison individuelle et la voiture. Pourquoi devenir périurbain ? Toulouse, Lyon, Strasbourg… La banlieue, entre rêve américain et mythe politique français. Réorganiser le territoire : le défi de la démocratie urbaine.
DONZELOT Jacques et MONGIN Olivier l Tous périurbains ! Tous urbains ! Introduction (en accès libre)
Le périurbain, terreau du populisme?
DAVEZIES Laurent et GUILLUY Christophe l La France périphérique et marginalisée : les raisons du ressentiment (entretien) ; Les dernières élections présidentielles ont fait émerger l’importance du vote FN dans les espaces « périurbains ». L’angle territorial permet-il à lui seul de comprendre ce vote, et ne faut-il pas l’associer aux questions économiques et sociales, voire sortir du « périurbain » pour parler, plus... A ECOUTER AUSSI LAURENT DAVEZIES SUR FRANCE CULTUREl ESPRIT PUBLIC l EMISSION DU 10/03/13
RIVIÈRE Jean l Sous les cartes, les habitants. La diversité du vote des périurbains en 2012 l La lecture « spatiale » du vote en faveur du Front national a eu tendance à assimiler périurbain et populisme, et a fait le bonheur des médias. Or, une telle approche tend à stigmatiser des populations en raison de leur mode de vie, au risque de faire équivaloir choix résidentiels et choix électoraux, en disqualifiant ainsi un outil...
Comment peut-on être périurbain?
LOUDIER-MALGOUYRES Céline l Le retrait résidentiel l La vogue des résidences fermées correspond à des impératifs économiques, mais également à des choix résidentiels. Les habitants de ces ensembles veulent bénéficier de la protection de l’individuel par le collectif, sans pour autant ressentir l’étouffement de la ville ni la pression du village ; ils veulent...
MONGIN Olivierl l Émiettement et exclusivisme social l Comme l’a montré Éric Charmes dans la Ville émiettée. Essai sur la clubbisation de la vie urbaine. la périurbanisation opère moins un étalement qu’un émiettement paysager, social et politique de la ville. On crée des « clubs », qui ne sont pas seulement fondés sur le désir d’être...
JAILLET Marie-Christine l Peut-on encore vivre en ville ? L'exemple de Toulouse l Le mode de vie périurbain fait l’objet de nombreuses critiques, alors même que les politiques visant à le « combattre » ont échoué. Il vaudrait donc mieux organiser l’espace périurbain, sans le dévaloriser, pour repenser la ville avec ses habitants, et non contre eux. À Toulouse, par exemple, c’est le dynamisme de...
BEVORT Hugo et ROUSSEAU Aurélien l La banlieue, mythe politique français l La banlieue occupe une place originale dans l’imaginaire politique français. Au-delà d’un retour sur les difficultés à sortir de la représentation « ville-banlieue » dans les projets métropolitains, le mythe de la banlieue entrave la capacité à déployer un discours cohérent sur la question urbaine. ...
FELTESSE Vincent l Gouverner les territoires à l'ère métropolitaine (entretien) l L’organisation territoriale française, souvent moquée pour sa complexité, permet néanmoins d’articuler différents échelons du territoire. Le nouvel acte de la décentralisation, nécessaire, doit modifier la répartition des compétences, introduire plus de démocratie dans le gouvernement des métropoles,...
Tous urbains!
ROUX Jean-Michel l Pour en finir avec le périurbain l La ville est sortie de ses murs, et, plutôt que de stigmatiser tel ou tel comportement ou d’essayer de définir un espace « périurbain » toujours débordant, il vaudrait bien mieux comprendre comment l’urbain réinvente les campagnes elles-mêmes, reconnaître qu’il n’y aura pas de retour à la ville, et qu’il...
GHORRA-GOBIN Cynthia l La banlieue, rêve américain ou espace en voie de disparition ? Aux États-Unis, la majorité des habitants vivent en banlieue, les suburbs, qui ne sont cependant pas hors de la ville ou tributaires d’elle, mais développent leurs propres formes de centralité et se diversifient sur le plan ethnique. On voit aussi émerger, au sein même du périurbain, des « lieux d’urbanité », des... A ECOUTER AUSSI CYNTHIA GHORRA-GOBIN SUR FRANCE CULTURE PLANETE TERRE EMISSION DU 06/03/13
LUSSAULT Michel l L'urbain s'étale ! l L’étalement aujourd’hui ne se fait plus simplement d’un centre vers une périphérie, mais entre tous types d’espaces, et l’urbanisation, qui renvoie à l’idée de concentration, crée aussi des vides qu’il ne faut plus simplement « remplir », mais aménager. Ce n’est qu’en renonçant...
DONZELOT Jacques l De la ville industrielle à la ville des flux l La construction des grands ensembles, les « cités » de banlieue, est liée à une certaine conception, fonctionnelle, de l’urbanisme. Mais, à l’heure où les flux prennent le pas sur les lieux, ces grands ensembles apparaissent totalement caducs. La rénovation urbaine peut-elle suffire à reconnecter les populations aux villes...
CORAJOUD Michel l Se porter à la périphérie, là où la ville rejoint la campagne (entretien)
ART ET VILLE CONTEMPORAINE / RYTHMES ET FLUX
Art et ville contemporaine
Rythmes et flux
Ss la direct de Jean-Pierre MOUREY, Béatrice RAMAUT-CHEVASSUS
Publication de l'université de St Etienne, 2012
Ce livre interroge la relation croisée qui lie arts et ville contemporaine, en ce qu’elle capte et génère des rythmes et flux, en ce qu’elle donne à les percevoir
Les œuvres littéraires, chorégraphiques, plastiques, musicales que la ville contemporaine suscite se mesurent à l’intensité du présent urbain et techno-urbain, à ses violences, mais aussi au palimpseste que constitue la plupart des villes. Elles en saisissent ou en fixent les agencements complexes et les réseaux. Elles se donnent pour enjeu de décrypter et révéler les traces du passé, ses ruines, ses marques. Les unes décrivent, représentent la ville, d’autres s’y déploient, s’y inscrivent ou la modèlent. Ainsi les rythmes et flux de la ville sont captés, transformés, révélés par les pratiques artistiques. Différents schèmes de lecture et d’expérimentation opèrent : le trajet qui implique le corps de l’artiste, le cartographique, l’attitude archéologique, l’action qui s’inscrit dans le hic et nunc.
Dans une approche plurielle et interdisciplinaire (arts plastiques, littérature, musique, danse, photographie, cinéma, design) les œuvres étudiées sont celles de Louis Andriessen, Kimsooja, Luc Larmor, Jean-Noël Blanc, Marina Chernikova, Jean-Luc Godard, Raymond Depardon, Sergio Larrain, William Klein, Magdi Senadgi, Georges Perec, Jean Rolin, Régis Jauffret, Philippe Vasset, François Bon, Eric Laurrent, et d’autres.
Entre pensée sauvage et pensée savante, pour rendre compte de ces multiples processus, ce livre s’articule en trois axes : Déambuler dans la ville, Déchiffer/enchiffrer, Osmoses et contaminations.
Introduction l Jean-Pierre Mourey : Univers urbain, pratiques artistiques
Déambuler dans la ville l Laurent Buffet : Discordances, débordements, interruptions : l’art de rompre les rythmes et d’enrayer les flux ; Fabien Gris : Marcher dans la ville : de l’errance à la promenade méthodique ; Christine Jérusalem : Déambulations urbaines dans les romans d’Éric Laurrent ; Jean Noël Blanc : Le flâneur (composition en cinq mouvements)
Déchiffrer/enchiffrer l Danièle Méaux : Photographie et déambulation urbaine ; Marie-Françoise Grange : Le cinéma face à la ville : questions de point de vue ; Béatrice Ramaut-Chevassus : De Piet Mondrian à Louis Andriessen : le rythme urbain comme figure et comme flux ; Luc Larmor : Itinéraire d’une singularité sonore
Osmoses et contaminations l Laurent Pottier : Du bruit des villes à la musique-son, vers une saturation des sens ; Alix de Morant : Marcher pour voir. Marches et démarches chorégraphiques en milieu urbain ; Nathalie Viot : Les interventions artistiques sur le site du tramway des Maréchaux Est à Paris. Un projet de Christian Bernard, directeur et fondateur du Mamco à Genève ; Norbert Hillaire : Œuvre d’art et nouveaux médias urbains
Agrégé de philosophie et docteur ès lettres, Jean-Pierre Mourey est professeur d'esthétique à l'Université de Saint-Etienne et membre avec Béatrice RAMAUT-CHEVASSUS du Centre Interdisciplinaire d'Etudes et de Recherches sur l'Expression Contemporaine(CIEREC)
ETHIQUE ARCHITECTURE, URBAIN
Éthique, architecture, urbain
Collectif dirigé par Thierry Paquot et Chris Younès
Edition La Découverte, 2013
L'éthique, selon son étymologie, est un ethos, c'est-à-dire une manière d'être. Séjour de l'homme au monde, elle est un mode d'existence qui s'adresse à chacun et se distingue aussi bien d'une morale comme rapport à soi que d'une pensée moralisatrice pour l'Autre. Ainsi, l'éthique participe à la relation à autrui et au monde - à la Nature, à ce qu'on nomme bien hâtivement l'environnement. Elle se confond parfois avec la responsabilité, que nos actes ordinaires ne peuvent pas esquiver, et la déontologie, qui règle les pratiques professionnelles.
L'architecte et l'urbaniste, par exemple, sont non seulement responsables juridiquement de ce qu'ils édifient, mais éthiquement. À l'heure où ces métiers connaissent de profondes mutations, à la suite des nouvelles configurations territoriales et des nouveaux modes de vie urbains, la question de l'éthique se pose avec acuité. Bâtir la demeure de l'homme, aménager ses lieux et ses sites ne sont pas une mince affaire. Certes, de trop nombreux professionnels ne s'en soucient guère, préoccupés qu'ils sont par leur oeuvre ou leur chiffre d'affaire... Pourtant, chaque jour, s'affirme l'idée selon laquelle il n'y a pas d'esthétique sans éthique.
Les auteurs de ce livre - architectes, urbanistes, philosophes, sociologues, juristes, historiens - explorent les implications de l'éthique pour les faiseurs de ville, ainsi que les interfaces entre opérations d'aménagement, pratiques démocratiques et exigences écologiques.
Thierry Paquot est philosophe de l'urbain et professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris. Il a été l'éditeur de la revue Urbanisme de juin 1994 à juin 2012 et l'auteur de nombreux ouvrages. Chris Younès est philosophe de l'urbain et enseigne à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris la Villette.
L'AVENEMENT DU MONDE : ESSAI SUR L'HABITATION HUMAINE DE LA TERRE PAR MICHEL LUSSAULT
L'Avènement du Monde
Essai sur l'habitation humaine de la Terre
Michel Lussault
Ed du Seuil, 2013
En un demi-siècle, le monde est devenu le Monde
Avec cette majuscule, il ne s’agit pas de dire que le monde a changé sous l’effet de la mondialisation, mais d’affirmer qu’il est véritablement advenu, subvertissant les ordres anciens (empires, États, villes, etc.) et les catégories intellectuelles qui nous permettaient de les penser. La mondialisation bouleverse tout et construit de nouveaux cadres de vie et d’organisation des sociétés humaines. Les mutations sont de tous ordres et l’on peine encore à stabiliser les analyses, sans doute parce que nos outils conceptuels, forgés aux XIXe et XXe siècles, sont désormais largement inadaptés.
Ce livre ambitieux souhaite sortir de cette impasse et cerner quelques-unes des forces instituantes et imaginantes du Monde, et en particulier l’urbain, parce que le Monde se manifeste d’abord et surtout par de nouvelles manières d’habiter la Terre. Le Monde est une nouvelle organisation spatiale des réalités sociales, produisant des imaginaires inédits et contribuant à la création et à la diffusion d’images qui en elles-mêmes expriment la mondialité. Car le Monde nous traverse de part en part en permanence : nous en sommes chacun tout à la fois un produit, un jouet, un vecteur, un acteur.
À partir de là, comment imaginer une « politique du Monde » quand on sait que l’avenir dépendra de notre capacité commune à garantir son habitabilité pour les décennies qui viennent ?
Michel Lussault, géographe, est professeur à l’université de Lyon (ENS de Lyon). Auteur de nombreux articles et ouvrages scientifiques, il a notamment publié L’Homme spatial (Seuil, 2007) et De la lutte des classes à la lutte des places (Grasset, 2009).
DANS LES PLIS SINGULIERS DU SOCIAL. INDIVIDU, INSTITUTIONS, SOCIALISATIONS
Dans les plis singuliers du social
Individu, institutions, socialisations
Bernard LAHIRE
Ed de la Découverte, 2013
Au moment où l'Homme est plus en plus souvent conçu ou rêvé comme un être isolé, autonome, responsable, opposé à « la société », contre laquelle il défendrait son « authenticité » ou sa « singularité », les sciences sociales ont plus que jamais le devoir de mettre au jour la fabrication sociale des individus. Car le social ne se réduit pas au collectif ou au général, mais gît dans les plis les plus singuliers de chaque individu.
Dans ce petit livre conçu pour rendre plus largement visible le sens général de son travail, Bernard Lahire soumet à la critique les discours sur la « montée de l'individualisme » et la figure de l'homme « libre et autonome » au coeur de nos mythologies contemporaines, expose les raisons de l'exclusion de l'individu du champ des sciences sociales et la manière dont il est possible de sortir de raisonnements erronés pour faire de l'individu singulier un véritable objet sociologique en tant qu'être en permanence socialisé.
L'ouvrage se conclut par un dialogue avec les sciences cognitives qui, en mettant en lumière les phénomènes de plasticité cérébrale et la manière dont nos expériences sociales s'inscrivent bel et bien dans nos cerveaux, nous rappellent que les individus ne perçoivent, ne pensent ou n'agissent qu'en tant que dépositaires de l'ensemble des formes d'expérience faites en fonction de leurs places et de leurs situations dans le monde social.
Bernard Lahire est professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Lyon, a publié une vingtaine d'ouvraes, parmi lesquels L'Homme pluriel (Nathan, 1998), La culture des lndividus (La Découverte, 2004, 2006), Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (La Découverte, Paris, 2010) et Monde pluriel : penser l'unité des sciences sociales (Le Seuil, 2012).
Samedi 23 février 2013 - 13h30 l FRANCE CULTURE - La suite dans les idées l présenté par Sylvain Bourmeau avec Bernard Lahire, auteur de Dans les plis singuliers du social> Pour en savoir plus


