LE TRANSPORT FLUVIAL SUR L'AXE RHONE-SAONE
Le transport fluvial sur l’axe Rhône-Saône
Histoire stimulante entre confluence et ligne d’horizon…
Ce Rendez-vous fleuve inaugure une série de trois rencontres dédiées au transport fluvial rhodanien, thème de la prochaine exposition de la Maison du fleuve Rhône, Idées-barge. Inventer, imaginer le fleuve et ses bateaux.
L’axe Rhône-Saône est essentiel à la communication et aux échanges entre l’Europe septentrionale et la Méditerranée. Son histoire riche et ancienne est marquée par la singularité des deux cours d’eau : au cours tranquille de la Saône interrompu cependant par des crues légendaires, succède le régime torrentiel et irrégulier du Rhône. À Lyon, site de leur confluence, la rupture de charge pour le transport fluvial sera longtemps nécessaire. La cité lyonnaise s’est d’ailleurs construite dans des courants d’échanges immémoriaux et des transformations successives de ce difficile site fluvial. Elle fut d’abord une ville de ports et de ponts, une plaque d’échange des monnaies, des marchandises et des idées.
Jusqu’au XVIIIe siècle, de Vaise et surtout de Saint-Paul à Saint-Georges, les aménagements sont concentrés le long de la Saône, véritable voie marchande et marchante, principal espace public de la cité. Des bateaux de tous types et aux fonctions les plus diverses participent à son animation. Mais la traversée de la ville de rive à rive et d’amont en aval est d’abord exclusivement interurbaine, le transit Rhône-Saône de marchandises s’effectuant par voie terrestre. Au XIXe siècle, les ports principaux se concentrent en amont et en aval de la ville avec les gares d’eau de Perrache et de Vaise. Les quais de Saône accueillent les marchés de gros de l’agglomération jusqu’en 1960.
Tout à fait typique du Rhône vers le milieu du XIXème siècle, le bateau-anguille se jouait des courants rapides et avait une cheminée escamotable pour pouvoir passer sous les ponts-Métiers d'autrefois
La rivière au coeur de la ville est un espace d’innovation : premier bateau à vapeur, premières lignes régulières de bateaux-mouches, ponts suspendus des frères Seguin et premières usines chimiques des frères Gillet… Avec la reconversion du Port Rambaud en quartier urbain dédié à la culture et à la communication, ne subsiste des activités de transport fluvial sur la Saône, que le passage des automoteurs et pousseurs qui désormais font halte au Port Lyon Édouard Herriot, non loin de l’écluse de Pierre-Bénite, aménagement réalisé par la Compagnie Nationale du Rhône.
Les remous soudains du Rhône, ses courants si rapides, furent longtemps un défi à l’obstination et à l’intelligence ; l’innovation, une constante de l’histoire de sa navigation. Des épis Girardon aux canaux cés de la Compagnie Nationale du Rhône, le fleuve sera étudié et soumis à différents types d’aménagements destinés à faciliter le trafic fluvial. À l’ère de la vapeur, des prototypes seront construits et bientôt d’étranges et puissants bateaux comme le toueur, le bateau-anguille ou encore le bateau-grappin, navigueront sur le Rhône, tractant, roulant, remorquant des convois à la remonte…
Le fleuve au XIXe et au XXe siècle devient un véritable espace d’expérimentation et d’inventions dont certaines appliquées, résolvent pour un temps les difficultés de navigation. Au XXIe siècle, c’est dans le champ de l’organisation sociale du monde de la batellerie que l’on retrouve également des approches novatrices. Si Lyon, avec le port Lyon Édouard Herriot confère aujourd’hui au transport fluvial de l’axe Rhône-Saône un réel potentiel de développement à venir, dans l’agglomération et au plus près des habitants, le démarrage du projet des Rives de Saône pourrait permettre la redécouverte du rôle primordial que la Saône (et l’axe Rhône-Saône) ont joué dans l’histoire de la ville, et imaginer de nouveaux développements dans la relation des citadins à la rivière.
AVEC
Bruno Voisin est sociologue, retraité de l’Agence d’urbanisme de Lyon. Il a travaillé en bureau d’études et de recherche sociologique, tout en intervenant dans plusieurs formations universitaires. Il est particulièrement attentif aux questions de modes de vie et à l’évolution des pratiques citadines. Il a réalisé en 2010 à la demande de la Direction de l’aménagement du Grand Lyon, l’histoire du Bassin de Saône - Coeur de ville.
Bernard Le Sueur est historien, Docteur d’État, membre de l’Académie de l’Eau et Président de l’association Hommes et cours d’eau, dont le siège social est au Musée national de la Batellerie à Conflans Sainte Honorine. Spécialisé dans l’étude des relations hommes/fleuves, il a publié dernièrement Mariniers, Histoire et mémoire de la batellerie artisanale (Ed. du Chasse marée). Il prépare actuellement un ouvrage sur l’épopée des navigations en France à paraître aux éditions Glénat.
André Vincent est directeur scientifique à la Maison du fleuve Rhône. Il conduit un projet de trois ans autour du transport fluvial rhodanien. La Maison du fleuve Rhône coordonne et est membre partenaire du réseau Cap sur le Rhône, fabuleuses histoires de navigation.
Petite photo à droite automoteur pousseur
